Le tuto pour virer le calcaire et poser du durable
Si vous êtes ici, c’est que votre douche actuelle vous mène la vie dure. Peut-être que le mitigeur goutte sans arrêt, que la température joue aux montagnes russes, ou que le chrome pèle comme un coup de soleil. C’est le scénario classique. On pense souvent qu’un équipement sanitaire est éternel, mais la réalité technique est bien plus cruelle, surtout avec les modèles installés par défaut.
Remplacer l’ensemble peut faire peur. On imagine déjà le carrelage cassé et l’appel d’urgence au plombier. Pourtant, c’est une opération mécanique assez basique quand on a les bonnes clés en main. Pas besoin de sortir de Polytechnique, juste de comprendre ce que vous faites.
On regarde ensemble comment virer votre vieille installation et poser du matériel qui tiendra la route.
Pourquoi ça a lâché (et ce qu’il faut éviter à tout prix)
Comprendre la panne, c’est éviter de racheter la même camelote. La plupart du temps, votre colonne n’a pas ""juste cassé"". Elle a perdu son combat contre la chimie de l’eau et l’économie de bout de chandelle.
Le coupable habituel, c’est le calcaire (carbonate de calcium). Il s’infiltre partout, fige les cartouches et bouche les buses. Mais le vrai problème, c’est la matière. Beaucoup de colonnes d’entrée de gamme sont fabriquées avec des alliages pauvres ou carrément des corps en plastique qui finissent par fissurer sous la pression.
Pour la remplaçante, soyez intransigeant : visez le Laiton. Cet alliage de cuivre et de zinc est le seul à garantir une vraie résistance à la corrosion et aux pressions élevées (jusqu'à 10 bars). Si le poids du carton vous semble léger à l’achat, méfiez-vous. Un corps en laiton massif pèse son poids, et c’est bon signe.
Autre point critique : la sécurité. Si vous avez des enfants, oubliez les vieux mélangeurs mécaniques. Passez au thermostatique avec une butée à 38°C. C’est le jour et la nuit pour éviter les brûlures accidentelles, d'autant que certains modèles intègrent une technologie ""Corps froid"" pour ne pas se brûler en touchant le robinet.
La boîte à outils du bricoleur
Pas besoin de dévaliser le magasin de bricolage. Voici l'essentiel pour opérer :
- Votre nouvelle colonne (vérifiez si elle inclut des raccords excentriques).
- Une clé à molette (ou un jeu de clés plates).
- Un tournevis.
- Un niveau à bulle (crucial pour ne pas monter de travers).
- Du ruban d'étanchéité (Téflon) ou de la filasse pour les raccords.
- Du silicone sanitaire pour les finitions.
- Une perceuse (seulement si les fixations murales ne correspondent pas à la nouvelle barre).
- Un chiffon doux (pour ne pas rayer le chrome).

Le chantier pas à pas : Démontage et Installation
Règle d’or avant de toucher à quoi que ce soit : coupez l’arrivée d’eau générale. Ouvrez ensuite le robinet de la douche pour vider ce qu'il reste dans les tuyaux. Ça vous évitera de repeindre le sol avec de l’eau stagnante.
Étape 1 : Faire place nette (Démontage)
On commence par retirer l'ancien combattant.
- Le mitigeur : Dévissez les deux gros écrous qui relient le robinet au mur. Si c'est grippé par le calcaire, un peu de vinaigre blanc ou de dégrippant peut aider.
- La barre : Dévissez la fixation murale. Attention, sur certains modèles bas de gamme, la fixation peut être corrodée.
- Le nettoyage : Une fois tout retiré, grattez le vieux silicone qui traîne sur le carrelage et nettoyez les filetages qui sortent du mur. Ils doivent être nickel.
Étape 2 : Le cauchemar de l’entraxe (et la solution)
C’est le moment où les bricoleurs débutants suent à grosses gouttes. Vous démontez l’ancien robinet et là, surprise : l’écartement des tuyaux ne correspond pas à votre nouveau jouet.
Dans les constructions neuves, la norme est fixée à 150 mm entre l’eau chaude et l’eau froide. Mais en rénovation, on trouve de tout : 110 mm, voire 60 mm sur les très vieilles installations.
Pas de panique. Les fabricants fournissent quasi systématiquement des raccords excentriques (des pièces en forme de ""S""). Ces petites merveilles permettent de rattraper le décalage latéral (généralement ± 20 mm) sans toucher à la plomberie murale. C’est de la géométrie pure : on tourne le raccord, et l’entraxe s’ajuste.
- L’étanchéité : Enroulez du Téflon sur les filetages de vos raccords excentriques (dans le sens du vissage).
- Le niveau : Vissez vos raccords pour obtenir vos 150 mm d’entraxe. Posez votre niveau à bulle dessus. Si ce n’est pas parfaitement droit, votre colonne partira de travers.
- Finition : Vissez les rosaces pour cacher la misère.
Étape 3 : Poser la nouvelle bête
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Le Mitigeur : Insérez les joints filtres fournis dans les écrous du mitigeur. Ne les oubliez surtout pas : ils protègent la cartouche thermostatique des impuretés qui pourraient la bloquer. Vissez le mitigeur sur les raccords.
Le conseil pro : Mettez un chiffon entre votre clé et les écrous pour ne pas rayer le chrome tout neuf lors du serrage. -
La Colonne (Barre) : Emboîtez la barre sur le mitigeur. Repérez le point de fixation haut.
Astuce Rénovation : Si vous avez des arrivées d'eau hautes (ex: ancienne baignoire) ou un plafond bas, la colonne télescopique est votre meilleure amie. Elle permet d'ajuster la hauteur du tube (souvent de 85 à 120 cm) pour que la tête de douche tombe pile poil. Si les trous ne correspondent pas, percez, chevillez, et vissez le support mural. - Les Accessoires : Raccordez le flexible de douche et la douchette. Assurez-vous que les joints noirs sont bien présents à chaque vissage.
Étape 4 : Mise à feu et Maintenance
Rouvrez l'eau doucement. Vérifiez les raccords au niveau du mur. Aucune goutte ? C'est gagné.
Pour ne pas revenir à la case départ dans deux ans, adoptez un réflexe simple recommandé par les constructeurs : une fois par semaine, tournez la poignée de température du "tout froid" au "tout chaud". Ce mouvement empêche la capsule de cire thermostatique de se gripper. C’est un peu de gymnastique pour votre robinetterie, mais c’est le secret pour garder une régulation au millimètre.
Enfin, pour le calcaire sur la tête de douche, inutile de frotter comme un forcené. Les modèles corrects ont des picots en silicone : passez simplement le doigt dessus pour briser le tartre.
Ce qu'il faut retenir, en conclusion
Vous voilà tranquille pour un bon moment. Remplacer sa colonne, c’est souvent moins une histoire de plomberie que de bon sens : un bon repérage, du téflon dans le bon sens et un serrage dosé. Si vous avez misé sur la qualité des matériaux (le laiton plutôt que le plastique), vous ne toucherez plus à vos clés à molette avant des années.
Profitez de votre nouvelle installation. C’est quand même plus agréable de démarrer la journée sans se battre avec un mitigeur récalcitrant ou craindre la douche écossaise.













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